Casper Therapy
Tous les chemins partent de La Rochelle.
En juillet dernier, en sortant de l’avant-première de Rimini, le dernier Ulrich Seidl, j’ai la surprise de retrouver Brice. Brice ! Un ancien collègue qui a quitté le milieu de la musique pour celui du cinéma. Mais qu’est-ce qu’il fait à La Rochelle, Brice ? Il est justement venu présenter le Ulrich Seidl, qu’il distribue. L’histoire d’un chanteur pour dames dans une station balnéaire à la morte saison. Comme dans tous les Ulrich Seid, on est un peu perdu. C’est un documentaire ou c’est une fiction ? Ca pourrait presque être un épisode de Strip-Tease si l’image n’était pas aussi travaillée.
On parle de se revoir à Paris et de déjeuner ensemble. Ca finit par se faire, quelques mois plus tard. Brice me parle de son activité de couteau suisse au sein d’une boite de distribution de films dans laquelle il touche un peu à tout. Et que c’est ça qui lui plait, de toucher un peu à tout. Il me convie à une avant-première : un film indé américain de derrière les fagots, Ghost Therapy.
C’est une petite salle dans une rue perpendiculaire à l’avenue des Champs-Elysées. Petite capacité et fauteuils hyper confortables. On peut même étendre ses jambes. Ca commence comme un de ces films dont Greta Gerwig a été l’égérie : le mumblecore, ce faux mouvement qui n’a pas produit de chef d’œuvre, au mieux des films attachants (Je pense à ceux des frères Duplass, qui n’ont connu qu’une diffusion très confidentielle en France), au pire des brouets. Autant dire que je ne suis pas complètement sûr d’être client.
Et puis ça dérape. On croit à une blague, mais en fait ce n’est pas une blague. Le surnaturel pénètre dans le quotidien. Sans crier gare, sans effets spéciaux. Qu’est-ce qui s’est passé ? C’est complètement farfelu. Et un peu inquiétant aussi.
Le titre original était The Civil Dead. Le distributeur français l’a changé en Ghost Therary. Moins pour courir après les fans de Bradley Cooper et Jennifer Lawrence que pour signaler aux spectateurs français la présence du fantôme le plus attachant que le cinéma américain nous ait envoyé depuis longtemps. “On ne choisit pas toujours ses amis” est la phrase d’accroche qui figure sur l’affiche : on ne choisit pas non plus ceux qui viennent vous hanter.
Dans le genre, Ghost Therary est certainement la plus belle réussite depuis Ghost Story, le seul film qui se soit intéressé au sort des fantômes quand leur demeure est détruite. Quoi, t’as pas vu Ghost Story ? Commence par Ghost Therapy, il est sorti mercredi.

