#metoo
J’ai une confession douloureuse à faire.
Depuis que j’ai découvert le site de streaming gratuit de TV5 Monde, j’ai résilié mon abonnement à Filmo. Et je passe mon temps à fouiller dans ses tiroirs. La page d’accueil est loin de refléter toutes les richesses qui y sont enfouies. En consultant “Les classiques du cinéma”, vous repérez Les Arpenteurs de Michel Soutter. Mais le fan de Jean-Luc Bidaud qui sommeille en vous ne sait pas encore que sont aussi disponibles James ou pas et Les nénuphars, deux Michel Soutter absolument introuvables. De fil en aiguille, vous tombez sur des perles : Les jeunes aussi, émission diffusée entre 1965 et 1967. Un spécial cinéma d’1h40 entièrement consacrée aux apparitions télévisées de Jean-Louis Trintignant sur la télévision suisse romande. Et un long documentaire sur Patrick Juvet où le blondinet affirme qu’il est rentré en contact avec le bassiste des Beatles et le batteur des Beatles. Hein ? Qu’est-ce que tu racontes Patrick ? Faut pas rêver.
Parce que j’ai regardé un Annie Girardot qui m’a ému, je tape le nom de l’actrice dans la barre de recherche. Les deux premiers résultats sont La Mandarine et Erotissimo. C’est parti.
La Mandarine est un Molinaro de 1971. Casting trois étoiles : Annie Girardot / Philippe Noiret / Madeleine Renaud / Marie-Hélène Breillat (Laisse sortir le fan de A nous les petites anglaises qui est en toi) et… Murray Head, quatre ans avant “Say It Ain’t So Joe”. Malheureusement, c’est un Molinaro qui s’épuise vite : ce chassé-croisé amoureux dans un palace de la rue de Rivoli tourne en rond. Noiret est en sous-régime. Il faut attendre très longtemps avant de voir apparaitre Marthe Villalonga, qui sera beaucoup mieux servie chez Yves Robert quelques années plus tard.
J’ai une confession douloureuse à faire au sujet de Murray Head. Au mois de janvier dernier, j’ai harcelé le chanteur au téléphone. Je l’ai appelé tous les jours pour qu’il me parle de Patrick Dewaere. Alors que j’avais abandonné tout espoir, il m’a rappelé le jour du bouclage de Schnock et m’a parlé longuement - c’était le premier entretien qu’il accordait au sujet de l’acteur dont il avait été l’ami. J’ai tout de suite prévenu à la rédaction et j’ai accepté qu’on fasse sauter un des articles que j’avais déjà rendus pour faire de la place à l’interview-fleuve du chanteur.
Le lendemain, j’ai découvert par un concours de circonstances que l’interview en question n’était pas au sommaire - pas plus que les pages dont j’avais accepté de me séparer. Et j’ai vécu dans la terreur que Murray Head me rappelle pour me demander des comptes. Where is my fuckin’ interview, man ? C’était la première fois de ma vie que j’étais victime de ce genre de quiproquo.
C’est peut-être pour ça que j’ai eu du mal à éplucher La Mandarine.
Je me souvenais de l’affiche d’Erotissimo : elle est signée Wolinski. Mais j’avais oublié le film. Qui est un scopitone d’1h20, dont le montage saccadé fatigue très vite le spectateur. Tout le showbiz des années 70 défile : Jacques Martin, Patrick Topaloff, Nicole Croisille, Anne-Marie Peysson, Fabrice, Rufus, Serge Gainsbourg, Jacques Higelin… Comme souvent, Jean Yanne est la caricature de lui-même. Girardot a beau faire le tour des plus grands couturiers , elle ne parvient pas à sortir son mari de son indifférence. On y aperçoit Dominique Maurin, le frère de Dewaere - qui est à l’époque le sosie de Thurston Moore jeune.
Il y a encore pas mal d’Annie Girardot sur le site de TV5 Monde : Elle cause plus… elle flingue, Les Novices (“Sœur Agnès s'enfuit de son couvent breton et trouve refuge à Paris auprès de Mona Lisa, une prostituée. Sans qualification aucune, la jeune novice a bien du mal à trouver du travail…”), Ces messieurs de la famille… Mais je crois que je vais faire une petite pause.
Je n’ai pas osé taper Murray Head dans le moteur de recherche.

